Ô lit!

Ô lit!

Berceau de l’amour, lieu de rêverie et de solitude, terrain de découvertes et de jeux, le lit, pour l’enfant, est un endroit intime et privilégié. Plaçant le lit au centre de sa création, la chorégraphe Hélène Langevin explore quatre tranches de vie puisées dans l’enfance, pendant lesquels bébés, enfants et adolescents font de leur lit le territoire de tous les possibles. Le lit est ici plus qu’un meuble, c’est un objet symbolique et transitionnel, qui permet le passage d’un stade à un autre. Des premiers mouvements d’éveil aux débordements de l’adolescence, la danse exprime des univers contrastés où la poésie se confronte à l’énergie, et la réalité au rêve.

Le lit du bébé, lieu de découverte

Le lit est un cocon dans lequel le petit enfant continue de grandir et de se développer, un lieu intime et douillet. D’une facture très réaliste, la danse retrace les étapes du développement de la psychomotricité de 0 à 1 an, en empruntant la gestuelle de l’enfant, de l’acquisition des premiers gestes d’autonomie – pousser avec les mains, se retourner sur le dos et sur le ventre, ramper, marcher à quatre pattes – jusqu’aux premiers pas. L’enfant est présent dans son corps et son environnement proche, qu’il découvre par le toucher et le regard. Pour les danseurs, il s’agit de désapprendre le mouvement, de briser la coordination et l’aisance du corps pour retrouver les gestes du bébé et leur force originelle.

Le lit du petit enfant, lieu de l’émotion

Entre 4 et 8 ans, l’enfant apprend à exprimer et à gérer ses émotions, à canaliser son énergie débordante. C’est l’âge où il fait le deuil de sa fantasmée toute-puissance et se confronte à la volonté des autres. Le lit est ici montré comme lieu de punition, de solitude, de retrait nécessaire pour calmer la colère. Dans ce tableau, une petite fille très, très fâchée, est envoyée dans sa chambre, où elle laisse exploser sa colère jusqu’à briser son toutou préféré. Sur scène, la jeune fille est entourée de trois danseurs qui, faisant écho à ses émotions amplifient sa gestuelle colérique. Après la tempête, elle découvre comment se recentrer et calmer la crise. Son père lui propose de lui raconter une histoire intitulée, La jeune fille aux mains de bois (théâtre d’ombres).

Le lit de l’enfant, lieu de l’imaginaire

Seul dans sa chambre, un garçon de huit ans rêve pour tromper l’ennui. Les super héros sont les personnages du film qu’il s’invente. Le lit devient son camp, le territoire qu’il faut défendre, un champ de bataille. C’est par le regard du petit garçon que tout apparaît et disparaît. Dans un univers surréaliste et toujours changeant, qui fait quelques clins d’œil à la bande dessinée, les danseurs incarnent les situations rocambolesques imaginées par l’enfant: être kidnappé, se sauver, combattre les méchants, affronter le danger, devenir un transformer.

Le lit de l’adolescent, lieu de la transformation

Entre 12 et 16 ans, l’enfant entre dans la période du bruit et du désordre, du changement, des contradictions, de la rébellion contre l’ordre établi. Le lit quitte la chambre pour s’installer au sous-sol. On saute sur le lit, on le déplace, on chahute avec les oreillers, on fait le party… avant de quitter le monde de l’enfance et la maison familiale.

4 ans et plus / 50 minutes

CRÉDITS

Conception et direction chorégraphique
HÉLÈNE LANGEVIN

Assistant à la chorégraphie
JEAN-FRANÇOIS LÉGARÉ

Concepteurs
VÉRONIQUE BERTRAND (scénographie)
BERNARD FALAISE (composition musicale)
ÉRIC FORGET (composition musicale)
CAROLINE ROSS (éclairages)
SHARON SCOTT (costumes)
SUZANNE TRÉPANIER (maquillages)

Les interprètes

Les interprètes

GUILLAUME CHOUINARD

EMILY HONEGGER

MYRIAM TREMBLAY

JULIE TYMCHUK

NATHAN YAFFE